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Au désarroi de tous, voilà un marché baissier…

Au désarroi de tous, voilà un marché baissier. En fait, le marché américain a offert une performance négative sur 7 des 9 derniers trimestres (depuis mars 2000).

La table ci-dessous dresse en sommaire la performance des indices pour le deuxième trimestre de l’année.

Indices En monnaie locale En dollars canadiens
  2e trimestre 2e trimestre
TSE 300 -8.99% -8.99%
S&P 500 (U.S.) -13.73% -17.93%
Nasdaq (U.S.) -20.71% -24.56%
Europe (Euro) -16.28% -9.42%
Nikkei (Japon) -3.66% 1.83%

L’économie ne semble toutefois pas être trop affectée par l’avalanche des mauvaises nouvelles boursières. Pendant le mois de juillet, nous avons remarqué un tournant dans le niveau de profitabilité de la population corporative nord-américaine. Les taux d’intérêts sont stables. De plus, étant donné le faible niveau d’inflation, la FED n’est pas incitée à élever son taux directeur dans un avenir rapproché.

Nous avons été témoin de la plus importante reprise du dollar canadien depuis belle lurette avec une avance de US$0.6270 à US$0.6584 en 3 mois. D’autre part, l’Euro a éclipsé la performance du dollar canadien en s’appréciant de US$ 0.8717 à la parité. Est-ce la fin de la suprématie du dollar américain? Sûrement pas. Cependant, un léger rééquilibre de la valeur du dollar ne peut qu’aider les exportations américaines et mitiger le protectionnisme promu par les institutions américaines. L’imposition de tarifs sur l’importation d’acier et de bois d’œuvre canadien n’est pas de bon augure pour le libre échange international. Pour votre information, le dollar américain est sur une pente descendante depuis l’instauration de tarifs sur l’importation d’acier par l’administration Bush.

Le prix du pétrole est relativement inchangé. Des rumeurs indiquent que les Américains aimeraient remplacer un des pays fournisseurs de pétrole du Moyen-Orient par la Russie. Nous ne sommes pas surpris car la portion des importations de pétrole en provenance des pays de l’OPEP est en baisse constante.


En se basant sur la performance des marchés boursiers depuis le 1er juillet 2002, il est plausible de croire que, pour une troisième année subséquente, ces derniers afficheront une performance négative. Un tel événement n’a lieu que très rarement (seulement deux fois depuis 1925). Tout porte à croire que nous en serons témoin cette année (même s’il est trop tôt pour l’annoncer). L’histoire nous a appris que des marchés baissiers de longue durée sont le résultat d’événements extraordinaires. En 1929, le krach résulte d’une longue période de spéculation sur l’ensemble des titres (1926-1929). La baisse de 1939 est un contrecoup de la 2e Guerre Mondiale. En 1974, une période de haute spéculation sur les « blue chips » s’est soldée par une correction majeure (Avon se transigeait à plus de 100 fois les profits). Et cette fois-ci, c’est à la suite d’une spéculation prolongée sur les titres de haute technologie (la « bulle technologique »).

Le marché a maintenant besoin de temps pour se consolider, éliminer les excès et, par la suite, initialiser une reprise certaine dans les années à venir.

Entre temps, la sélection des titres demeure primordiale pendant que l’économie poursuit sa croissance. Comme nous l’avions mentionné dans notre dernière lettre trimestrielle, la corrélation entre le marché boursier et l’économie est tout au plus douteuse. Par contre une vraie croissance des profits et des fonds auto-générés est certainement corrélée avec l’appréciation du prix des actions.

Malheureusement, ce n’est pas dans les grandes capitalisations connues de tous que nous trouverons ces perles rares. En d’autres mots, un rendement raisonnable nécessitera beaucoup plus de travail acharné et de patience. Pendant les années 90, acheter le Dow Jones et le conserver était gage de succès et permettait de battre 95% des gestionnaires de portefeuilles. Le déclin des taux d’intérêts (de 16% en 1982 à 4% en 2000) était le grand responsable de cette sur-performance des indices. La fête est terminée depuis 2 ans.

Dernièrement, les médias soulèvent la possibilité de la présence d’une « bulle spéculative » dans le marché des fiducies de revenu. Certes, suite au succès que ces véhicules d’investissement ont connu, certaines fiducies de revenus de piètre qualité ont été créées. Mais le succès d’un investissement revient toujours à l’analyse spécifique d’un titre. Notre opinion est la suivante :

En conclusion, nous ne croyons pas qu’une « bulle spéculative » se forme dans le marché des fiducies de revenus. Quoique des fluctuations soient inévitables, nous sommes confiants que ce marché deviendra de plus en plus important au fur et à mesure que les investisseurs paieront plus attention aux dividendes et au retour sur le capital.

L’Équipe Claret