Adieu, 2020!

Alors que nous reléguons l’année 2020 à l’Histoire, nous ne l’oublierons pas de sitôt.
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Alors que nous reléguons l’année 2020 à l’Histoire, nous ne l’oublierons pas de sitôt. On s’en souviendra pour bien des choses, la pandémie de COVID-19 étant bien sûr la plus évidente, mais ce sont vraiment les répercussions de cette crise mondiale commune qui sont les plus notables.

L’emploi, le télétravail ou le travail à domicile sont vraisemblablement changés à jamais. Le chômage a bondi. Certains secteurs de l’économie ont été dévastés, du moins pendant un certain temps. On pense ici entre autres à l’industrie du tourisme, aux transporteurs aériens, aux secteurs de l’hôtellerie et de l’événementiel, aux restaurants, bars et cinémas, au secteur du pétrole et du gaz et bien sûr à celui de l’immobilier commercial, pour ne citer que ceux-là. Tous ces pans de l’économie auront une longue lutte devant eux.

Bien entendu, l’envers de la médaille, ce sont les secteurs de l’économie qui ont pris leur envolée avec les avantages que la mise en quarantaine et le confinement ont apportés – à commencer par l’immobilier résidentiel, la rénovation, les achats en ligne, les livraisons à domicile, le prêt-à-manger, la technologie et les services. La demande de matériel pour le télétravail, de voitures d’occasion et de services de télécommunications a explosé; le soleil brille, évidemment, pour les sociétés de biotechnologie et les sociétés pharmaceutiques alors que ces dernières sont entrées dans la course pour résoudre le mystère de la COVID-19 – par la mise au point de tests, la recherche de thérapies et la quête du but ultime – un vaccin. Or, ce qui a réellement stimulé l’économie mondiale, ce sont les efforts collectifs des gouvernements du monde entier pour freiner et renverser la vague de fermetures en assouplissant le crédit, en abaissant les taux d’intérêt et en inondant les marchés de liquidités en faisant tourner la planche à billets et en rachetant des obligations pour prévenir un désastre économique.

Les choses seront à jamais changées – mais une certitude demeure : en raison de la cupidité et des excès, l’histoire finira mal pour beaucoup.

Quelle incidence la situation aura-t-elle sur la façon dont nous gérons votre portefeuille?

Malgré tous les défis que 2020 nous a lancés, Claret a plutôt vu l’année comme une occasion de changer, d’évoluer et de s’adapter aux besoins de nos clients pour 2021 et au-delà.

Dès mars, nous avons pris les mesures nécessaires pour permettre à tous les employés d’opter pour le télétravail s’ils devaient ou souhaitaient le faire, afin de permettre un service à la clientèle sans faille. Nous avons achevé la conversion de plusieurs systèmes technologiques, y compris notre système de production de rapports de portefeuille, dont vous verrez le résultat dans notre rapport de fin d’année. Nous avons changé le fournisseur de notre portail client en ligne, qui sera lancé en janvier. Vous pourrez consulter tous vos relevés trimestriels remontants jusqu’à 2010, ou depuis que vous êtes devenu client, si vous vous êtes joints à nous après cette date. À l’avenir, le portail client vous donnera accès à vos documents clients, ainsi qu’à vos feuillets fiscaux dès qu’ils seront disponibles. Nous vous fournirons bientôt des instructions détaillées afin de vous permettre d’accéder facilement au portail. Nous espérons que chacun d’entre vous choisira de recevoir ses relevés trimestriels de cette manière à l’avenir, pour trois grandes raisons : la sécurité de vos données (évitant les services postaux pour les documents financiers confidentiels), la rapidité d’accès (nous pourrons les publier dans le portail plus vite que nous ne pouvons les imprimer et les envoyer par la poste) et, bien sûr, le stockage de tous les documents pertinents dans un endroit sécurisé, facile d’accès.

Nous avons amélioré notre site web et nous publierons des vidéos, des bulletins d’information et des articles qui, nous le pensons, vous intéresseront. Nous mettons continuellement à jour nos logiciels par l’intermédiaire de notre fournisseur de services de bureautique Microsoft, qui fournit également nos services infonuagiques (le « cloud ») pour le stockage des données et assurer la disponibilité de nos systèmes en cas de panne. De plus, et c’est peut-être ce qui vous importe le plus, nous mettons aussi continuellement à niveau notre cybersécurité au moyen des logiciels et des techniques de sécurité les plus récents. La confidentialité et le caractère privé de vos données sont tout aussi importants pour nous que pour vous.

Les « bons côtés » de la COVID-19

Nous savons que nous souffrons tous d’une grande lassitude face aux contraintes que nous impose la COVID-19. Nous savons aussi que nous sommes impatients, souhaitant la vaccination de tout le monde dès maintenant. Mais cette pandémie nous a aussi révélé à quel point, acculés au pied du mur, nous pouvons être ingénieux, habiles et créatifs grâce à la science et à la technologie :

  • Accélération de l’innovation : Les vaccins nécessitent généralement des années de recherche et d’essais avant d’arriver en clinique, mais en 2020, les scientifiques se sont lancés dans une course pour produire en un temps record des vaccins contre le coronavirus sûrs et efficaces, testés dans le cadre d’essais cliniques sur des humains. Actuellement, les chercheurs testent 64 vaccins dans des essais cliniques sur des humains; 19 en sont en phase finale d’essai. Alors qu’en Grande-Bretagne, trois vaccins ont été approuvés pour une utilisation d’urgence, le Canada a en approuvé deux, et un troisième est sur le point de l’être. Par ailleurs, au moins 85 vaccins en phase d’essais précliniques font l’objet d’études et d’essais actifs sur des animaux.
  • Taux d’adoption des technologies : La pandémie nous a montré que l’ancienne façon de faire n’était pas nécessairement la meilleure pour tous. Nous avons soudain pris conscience du temps que nous perdions à faire la navette entre la maison et le bureau et des repas sur le pouce que nous prenions chaque jour dans l’aire de restauration rapide par rapport aux petits plats sains que nous préparons maintenant. Et c’est sans parler de la différence de coût! La technologie nous a permis de changer tout cela. Les réunions de groupe et en personne ont rapidement été remplacées par des réunions Zoom, faites depuis la maison. Tout d’un coup, nous avons une nouvelle normalité. Beaucoup de travailleurs comprennent les avantages d’éliminer les trajets quotidiens pour se rendre au bureau le matin et en revenir le soir : beaucoup plus de choix sur le plan du logement – des maisons plus grandes et plus éloignées du centre-ville, plus d’espace, plus de temps en famille – tout cela pour des coûts sans doute moins élevés.

L’année 2020 du point de vue des marchés financiers, avec du recul…

L’année 2020 a été une année d’extrêmes : nous avons connu le marché baissier le plus rapide de l’Histoire, suivi par la reprise la plus rapide de l’Histoire. Si la reprise a été inégale, favorisant les grands titres de croissance comme ceux des FANMAG (Facebook, Apple, Netflix, Microsoft, Amazon et Google) au début, elle s’est étendue aux petites entreprises depuis septembre.

Cela dit, il semble y avoir un sérieux décalage entre les marchés et la performance de l’économie réelle en ce moment. Nous pouvons trouver de nombreuses explications plausibles, mais les politiques monétaires ayant recours à la planche à billets des banques centrales du monde entier, combinées aux largesses des gouvernements qui dépensent sans compter, sont assez difficiles à battre.

Un air de déjà vu – 1999, prise deux

Ce qui nous ramène à 1999… après la crise financière, déclenchée par un défaut sur la dette russe, qui a mis en difficulté l’ensemble du système bancaire américain, la Réserve fédérale (la Fed) a baissé les taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas. Confrontée aux inquiétudes concernant l’impact déflationniste potentiel du bogue de l’an 2000, la Fed a permis à la masse monétaire de prendre de l’ampleur, c’est-à-dire qu’elle s’est mise à imprimer de la monnaie.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le bogue de l’an 2000, permettez-moi cette petite parenthèse d’explication. En anglais, le problème portait le nom de Y2K pour Year 2000. À l’aube d’une nouvelle année, mais surtout d’un nouveau millénaire, on craignait que tous les ordinateurs ne cessent de fonctionner puisqu’une convention avait été adoptée lorsque les premiers systèmes informatiques ont été conçus. Selon cette convention les dates n’étaient indiquées que par les deux derniers chiffres. Ainsi, 1998 devenait 98, 1999 devenait 99, mais l’année 2000 allait devenir 00, comme 1900… Le monde a alors dépensé environ 400 à 600 milliards de dollars pour corriger ce bogue.

Tout l’argent a été injecté dans l’économie et a frayé son chemin vers le marché boursier, en particulier les entreprises point-coms. Elles avaient des modèles de gestion futuristes. Certaines d’entre-elles étaient visionnaires, comme Amazon, mais parfois en avance sur leur temps, pensons aux premières entreprises d’infonuagique, tandis que d’autres allaient de l’irrationnel au délire pur et simple. Par exemple, pour ceux qui s’intéressent à un peu d’Histoire, il y avait une entreprise appelée « Webvan », dans le domaine des services de livraison d’épicerie. Une autre s’appelait « Pets.com », un fournisseur en ligne de produits pour animaux…

Bien entendu, les entreprises technologiques et biotechnologiques étaient les véhicules les plus attrayants pour une forte spéculation grâce à la possibilité d’un potentiel de rendement hors normes. En fait, il leur était préférable de ne pas dégager de bénéfices – ainsi les « investisseurs » et les « analystes » pouvaient bâtir un château en Espagne et croire en leur chimère pour justifier n’importe quel cours boursier.

Or, à l’insu des spéculateurs, la Fed avait commencé à augmenter les taux d’intérêt par crainte de pressions inflationnistes. La fête a finalement pris fin en 2000 alors que de nombreuses entreprises point-coms ont largué 90 % de leur valeur. Certaines ont survécu et prospéré (pensez encore à Amazon), mais la plupart sont devenues une note en bas de page dans le livre de l’Histoire financière.

Si certains d’entre vous voient un parallèle ici, vous comprendrez pourquoi nous pensons que la prudence est de mise. Peu importe que vous croyiez ou non que les fondamentaux auront à nouveau de l’importance. Ce qui est essentiel, c’est que les périodes de spéculation excessive se terminent toujours de la même manière.

Si vous êtes l’un de nos plus jeunes clients, si vous faites partie de ceux qui n’ont jamais connu de « marché baissier », nous comprenons si vous avez du mal à croire ce que nous vous disons. Cependant, un marché baissier se produira, éventuellement. Nous ne savons tout simplement pas quand. Ce sera un événement inattendu, exogène, qui déclenchera une vague de ventes… comme toujours…

Ce que notre expérience nous a appris…

Tenter de synchroniser les marchés est un jeu perdu d’avance, d’un point de vue historique – au mieux une stratégie peu performante, au pire, une stratégie non rentable. Une étude en particulier de JP Morgan montre qu’au cours des 20 années allant de décembre 1998 à décembre 2018, si un investisseur devait manquer les 10 meilleures journées sur le marché, son rendement aurait été inférieur de moitié à celui de l’indice S&P 500 et s’il devait manquer les 20 meilleures journées, son rendement aurait été négatif alors que le S&P 500 aurait réalisé un rendement composé annuel d’environ 5,6 %. D’autres études montrent des résultats semblables. Nous nous contenterons de dire qu’il suffit d’en manquer peu (10 à 20 jours en deux décennies) pour obtenir de vilains résultats.

Nous savons aussi que les entreprises qui présentent un bilan solide, qui dégagent des flux de trésorerie disponible (« Free Cash-Flow ») positifs et assez prévisibles, et qui sont dotées d’une bonne équipe de direction qui fait preuve d’intégrité sont susceptibles de survivre et de prospérer, quelles que soient les conditions économiques. De plus, elles profiteraient probablement d’une crise pour élargir leurs douves et étendre leurs activités.

Ce que nous ne savons pas…

Nous ne savons pas quand le prochain marché baissier surviendra, mais marché baissier il y aura…

La stratégie de Claret

  • Être prudent, mais rester investis;
  • Demeurer méthodique et rigoureux dans les choix de titres;
  • Assurer une bonne diversification;
  • Se méfier du chant des sirènes : réseaux sociaux, médias financiers, nombreux établissements financiers, etc. – n’oubliez pas qu’ils tentent probablement de vendre quelque chose…
  • Prévoir des liquidités pour profiter des occasions qui se présenteront – il y aura TOUJOURS des occasions.

Alors que nous avançons vers 2021, nous aimerions rappeler certains des écrits de JK Galbraith – en particulier ceux tirés de ses nombreux livres concernant l’histoire financière et l’euphorie financière :

  • « …je passe en revue les grands épisodes spéculatifs du passé – des trois derniers siècles. Comme on l’a déjà observé, des traits communs reviennent. Cela n’a pas une grande importance pratique; seulement, en les reconnaissant, toute personne ou institution sensée est ou doit être avertie. Et peut-être que certaines le seront. Mais comme l’indique le chapitre précédent, les chances ne sont pas grandes, car l’euphorie, la fuite généralisée de la réalité, qui exclut toute contemplation sérieuse de la véritable nature de ce qui se passe, fait partie intégrante de l’épisode spéculatif… »
  • « … Il y a peu de domaines de l’activité humaine dans lesquels l’histoire compte aussi peu que dans le monde de la finance. L’expérience passée, dans la mesure où elle fait partie de la mémoire, est rejetée comme le refuge primitif de ceux qui n’ont pas la perspicacité nécessaire pour apprécier les incroyables merveilles du présent. »
  • « Toute innovation financière entraîne la création, sous une forme ou une autre, d’une dette garantie en plus ou moins grande adéquation par des actifs réels… Toutes les crises ont entraîné une dette qui, d’une manière ou d’une autre, a dérivé dangereusement hors de contrôle par rapport aux moyens fondamentaux de paiement. »

Nous terminons avec ces propos attribués à M. Galbraith, le célèbre et brillant économiste canadien, qui aurait dit il y a de nombreuses années que « la vieille génération doit mourir pour qu’un nouveau lot d’idiots puisse répéter les mêmes erreurs. »

En 2021, nous continuerons à investir principalement dans des entreprises bien gérées et de grande qualité, qui ont des modèles de gestion remarquables et qui présentent souvent des occasions négligées ou sous-estimées. Nous aimons nous concentrer sur les flux de trésorerie disponible et les entreprises en croissance dans lesquelles les dirigeants ont investi de l’argent – qui joignent le geste à la parole et mettent leur peau en jeu – aux côtés des investisseurs. Et nous nous efforcerons de ne pas manquer les 10 ou 20 meilleures journées du marché au cours des 20 prochaines années en essayant de prévoir les baisses – comme nous l’avons fait ces 20 dernières années, en investissant aux côtés de nos clients.

Et surtout, après une année très difficile pour la plupart des gens, nous tenons à remercier tous nos clients pour leur soutien continu. Nous savons que de nombreux choix s’offrent à vous et nous reconnaissons qu’en choisissant de rester avec Claret, vous faites preuve de confiance et de loyauté durable, ce qui exige souvent de la patience et une réflexion approfondie. La confiance que vous nous avez témoignée n’est pas prise à la légère et constitue la pierre angulaire de notre succès.

Alain Chung

Chef des investissements

Au nom de l’équipe Claret

Auteur

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  • Claret

    Fondée en 1996, Claret se spécialise dans la gestion de portefeuille de placements afin de répondre aux besoins grandissants d’une clientèle d’investisseurs privés à valeur nette élevée.

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