La réalité du risque en placement

Il existe une notion de risque dont nous aimerions discuter : il s’agit de la notion de volatilité.
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Lorsque vous investissez, vous faites des choix quant à l’utilisation de vos actifs financiers. Par risque, on
entend toute incertitude relative à vos placements qui peut avoir une incidence négative sur votre santé
financière. Faisons un petit appel à la réalité ici, tous les placements comportent un certain degré de
risque. Même les certificats de dépôt émis par les banques sont assortis d’un risque d’inflation. Ce qui
est tout à fait le cas actuellement, le taux d’inflation étant probablement supérieur aux intérêts que
vous pourriez recevoir des émetteurs. Qui plus est, vous devez payer des impôts sur les intérêts que
vous touchez hors CELI ou hors REER.

La définition du risque en matière de placement est une question complexe. Il existe en effet de
nombreux types de risques – en voici quelques-uns :

  • La valeur de vos placements peut augmenter ou diminuer en raison des conditions du marché (risque de marché);
  • Les décisions d’une entreprise, par exemple une fusion, une acquisition ou une scission, peuvent avoir une incidence sur la valeur de vos placements (risque d’opération);
  • Des événements survenant dans les pays étrangers dans lesquels les sociétés font affaire peuvent avoir des répercussions sur la valeur de vos placements (risque politique et risque de change).

Il existe aussi toute une série de risques liés au comportement des investisseurs : le risque de manquer le bateau (FOMO en anglais), le risque d’acheter trop tôt, le risque de vendre trop tard et bien d’autres encore.

Mais il existe une notion de risque dont nous aimerions discuter puisque nous pensons que ses failles peuvent être transformées en avantage pour l’investisseur averti : il s’agit de la notion de volatilité.

Le risque, étant l’aspect le plus intéressant, le plus difficile et le plus important de l’investissement, a soulevé l’intérêt de nombreux chercheurs dans le domaine universitaire. Essentiellement, cela se résume à une question fort simple : ne serait-il pas agréable de pouvoir exprimer le risque dans une formule mathématique qui pourrait être enseignée en classe de façon à ce que chacun puisse le quantifier et le gérer?

La finance moderne s’est mise au boulot il y a une cinquantaine d’années et, à l’aide de modèles mathématiques complexes, a défini le risque comme étant les fluctuations de prix ou la volatilité.

Depuis, nous avons été en mesure de mettre à profit nos connaissances en matière de statistiques pour mesurer le risque. Et voilà! Si la vie était si simple, tous les mathématiciens seraient riches…

Malheureusement, de nombreuses questions sont soulevées par cette notion de risque. Quelques-unes nous viennent à l’esprit :

  • Puisque les rendements supérieurs proviennent de la capacité d’investir lorsque les actifs sont bon marché, comment réaliser une surperformance en l’absence de fluctuations, surtout à la baisse?
  • Les fluctuations sont différentes selon la fréquence à laquelle nous voulons les mesurer : quotidienne, hebdomadaire, mensuelle ou même annuelle. Cela signifie-t-il que la fréquence de mesure peut modifier le degré de risque d’un placement?
  • Certaines catégories d’actifs ne sont pas évaluées aussi fréquemment que les actions, les obligations et les liquidités, par exemple l’immobilier, les œuvres d’arts, les objets de collection et autres. Cela signifie-t-il que ces catégories ne subissent pas de fluctuation et n’entraînent donc pas de risque?
  • Sans oublier qu’il n’est pas facile de les vendre en cas de besoin urgent. C’est ce qu’on appelle le risque de liquidité, qui est extrêmement difficile à quantifier. Cela signifie-t-il que moins de volatilité en raison de questions de liquidité signifie moins de risque?

Voici ce que nous pensons, un point de vue un peu plus pragmatique :

  • La volatilité est le meilleur ami de l’investisseur averti : la baisse des prix des actifs offre une occasion d’acheter les bons actifs à bon prix et d’obtenir une performance à long terme supérieure à la moyenne.
  • Les investisseurs devraient comparer la volatilité à des périodes de turbulence lors d’un voyage en avion : c’est généralement anodin si l’on peut endurer les secousses et vibrations. Comme les turbulences, la volatilité ne constitue pas en soi une menace pour la réussite des placements. Elle tend cependant à déclencher des réactions inopportunes de la part de l’investisseur moyen, l’amenant à vendre et à acheter trop souvent, à continuellement mettre de l’argent dans son portefeuille et en retirer.
  • À long terme, cela aura un impact négatif sur la performance globale d’un portefeuille de placements bien structuré.Investir est un cheminement à long terme. On doit aborder la démarche avec patience, rigueur et diversification. Plus le décideur est informé et plus le processus de placement est réfléchi, meilleurs seront les résultats. Comme le dit si bien Warren Buffett : « Si vous ne pensez pas détenir une action pendant 10 ans, ne pensez même pas à la détenir pendant 10 minutes. »

Bref, vous ne pouvez pas éliminer le risque de placement, mais trois stratégies de placement de base peuvent vous aider à le gérer :

  1. La répartition des actifs : Nous privilégions toujours une combinaison d’actions, d’obligations et de liquidités qui reflète les besoins financiers des clients. Pour ceux d’entre vous qui vivent de leur portefeuille, il est de la plus haute importance que vous ayez un plan de retraits qui soit
    logique par rapport à la taille de votre portefeuille et à vos objectifs;
  2. La diversification : Comme vous pouvez le constater dans votre portefeuille, nous sommes investis, en actions et en obligations, dans un nombre assez élevé de sociétés.
  3. Le rééquilibrage : Nous veillons à trouver un équilibre entre les catégories d’actifs et au sein de celles-ci. Nous utilisons également les liquidités des portefeuilles pour limiter notre exposition aux différentes catégories d’actifs en cas de distorsion des prix. Comme le dit Howard Marks, « On ne peut pas prédire, mais on peut se préparer. »

Foire aux questions

On nous a posé de nombreuses questions à propos de la synchronisation du marché (market timing en
anglais), des cryptomonnaies, de l’inflation, des taux d’intérêt, et bien d’autres sujets encore. Comme
vous le savez, nous n’aimons vraiment pas faire des prédictions puisque nous n’y sommes pas très
doués. De plus, nous pensons vraiment que si nous devions nous lancer dans le jeu des prédictions, nous
devrions prédire très souvent… sans nous améliorer.

Ce qui ne signifie pas que nous ne sommes pas conscients de ce qui se passe. Ceci étant dit, voici notre
point de vue sur différents sujets :

Synchronisation du marché 

Nous savons pertinemment bien que réussir à entrer sur le marché et à
s’en retirer au moment opportun, c’est se bercer d’illusions, et cela risque fort de nuire à votre
portefeuille à long terme. En revanche, le « temps passé investi dans le marché », voilà ce qui compte. Il
est beaucoup plus facile pour les investisseurs d’apprendre à gérer les montagnes russes du marché que
d’essayer de déterminer quand monter et descendre de ces montagnes russes sans se blesser… Je vous
renvoie à la première partie de la lettre concernant la façon de gérer la volatilité.

Cryptomonnaies 

Nous avons vraiment l’impression de sortir de notre sphère de compétence ici. Nous avons du mal à concilier la notion d’investissement dans les cryptomonnaies avec la définition même de l’investissement. Un placement est un actif qui produit ou est censé produire un revenu à l’avenir, de sorte qu’un investisseur peut l’évaluer. Sinon, il s’agit d’une spéculation, une activité où les gens parient sur l’évolution future des prix. Non pas qu’il y ait quelque chose de mal à la spéculation. Même Benjamin Graham fait une distinction entre la spéculation et la spéculation intelligente. Mais il ne s’agit pas d’un placement. Cependant, nous pensons qu’il y aura des formes de monnaie numérique à l’avenir. En fait, les cartes de crédit sont déjà une forme de monnaie numérique. Nous pensons également que la technologie du transfert d’argent est aujourd’hui dépassée parce qu’il n’y a rien qui pousse ou encourage les banques à changer. Après tout, il s’agit d’un grand centre de profit pour les institutions financières. Espérons que les entreprises de technologie financière (les fintechs) aideront à changer tout cela. Quant aux
placements possibles dans ce secteur, nous préférons suivre les conseils de Warren Buffett concernant
les voyages dans l’espace : « Notre opinion d’investisseur concernant des secteurs en pleine
effervescence est semblable à celle que nous avons à l’égard de l’exploration spatiale : nous
applaudissons les tentatives, mais nous ne voulons pas tenter l’aventure. »

Inflation

Le facteur économique le plus évident et le plus fondamental qui exerce une influence sur les marchés est l’offre et la demande, et cela n’a jamais été aussi évident que pendant la pandémie. Lorsque les gouvernements du monde entier distribuent de l’argent à tout le monde pour éviter l’effondrement économique dû aux fermetures et aux confinements, ils stimulent essentiellement la demande de l’économie en encourageant les gens à continuer à dépenser. En parallèle, afin d’éviter la propagation de la COVID-19, ils ordonnent l’arrêt de la production de presque tous les secteurs de l’économie, des entreprises de transport aux entreprises de fabrication (côté offre). Comme moins de produits sont fabriqués et livrés, alors que la demande continue de croître (pas de pénurie d’argent), il semblerait que l’inflation à court terme soit inévitable. Si certaines augmentations de prix sont transitoires, d’autres vont probablement se maintenir, car la demande persiste et l’offre ne peut se rétablir, mais que lentement.

Taux d’intérêt 

En théorie, ils devraient augmenter en fonction des prévisions d’inflation, mais nous n’avons aucune idée du moment ni de l’ampleur que pourra prendre cette augmentation. Nous savons toutefois que les taux d’intérêt auront une incidence sur la valorisation des actifs; nous agirons donc en conséquence. Une chose est sûre : avec des taux d’intérêt cantonnés dans une plage entre 0 % et 1 %, le risque de se tromper – c’est-à-dire que les taux d’intérêt baissent au lieu de monter – est négligeable. Si vous achetez une obligation à 5 ans à 1 %, par exemple et que les taux baissent, vous ne gagnerez toujours que 1 % à l’échéance, pas plus. Mais si les taux montent, vous resteriez confiné à 1 %…


Voilà quelques-unes des questions qui reviennent souvent dans nos conversations avec les clients, et
nous espérons avoir réussi à vous donner une idée de ce que nous pensons.

Nous espérons aussi que vous avez tous profité de ce merveilleux été prolongé et que vous avez passé un excellent week-end de l’Action de grâce avec vos familles.

Nous tenons à répéter que la mesure la plus importante de notre succès chez Claret est notre relation de confiance et de partenariat avec nos clients – pour cela, nous vous remercions tous.

Sincèrement,

Alain D. Chung, président du conseil et chef des investissements pour l’équipe Claret

Auteur

Auteur

  • Alain a commencé sa carrière en 1983 et est détenteur du titre de CFA. Il a obtenu son baccalauréat en administration des affaires du HEC Montréal pour lequel il s’est mérité une bourse d’excellence en finance. Alain est co-fondateur de Claret et président du conseil et chef des placements. Avant de se joindre à Claret, Alain a travaillé pendant 16 ans comme courtier en valeurs mobilières et vice-président auprès de CIBC Wood Gundy. Alain parle anglais, français, vietnamien, cantonnais et mandarin.

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