Choisir un conseiller financier au Québec: ce qu’il faut rechercher

Les investisseurs ont tendance à mettre beaucoup d’emphase sur la nécessité d’avoir un bon portefeuille de placements et des titres de qualité. En revanche, très peu d’énergie est portée à trouver un bon conseiller financier. 

Si vous vous contentez du premier venu de votre institution financière, ou pire encore, d’un robo-advisor, vous ne faites pas de faveurs à vos investissements. 

Un bon conseiller apporte son lot de bienfaits. Il s’assure que le portefeuille du client est adapté à ses besoins, sert de renfort quand les investisseurs semblent vouloir céder aux baisses de marché et s’efforce de maximiser la portion des gains de portefeuille qui se dirige dans les poches de l’investisseur et non celle du fisc. En gros, il ajoute une bonne dose de confiance, ce qui permet à l’investisseur de bien dormir et de limiter l’anxiété liée à la question financière. 

Alors comment on fait pour trouver un conseiller financier de confiance? Voici ce qu’il faut rechercher chez son conseiller financier – et pourquoi en avoir un bon peut faire toute la différence.

Une relation de confiance

Une bonne relation d’affaires avec un conseiller en placement est toujours bâtie sur la confiance et la réciprocité. La compatibilité entre le client et le conseiller est fondamentale. 

Deux raisons expliquent pourquoi le courant doit bien passer entre le client et le conseiller : 

La première raison repose sur le fait que la stratégie de placement et l’allocation d’actifs se doivent d’être bien élaborées. Vos objectifs de placement, votre horizon de placement et votre tolérance au risque doivent tous être considérés attentivement. Bien que certains de ces paramètres reposent sur des faits, ils sont également basés sur des aspects psychologiques et émotionnels. C’est pourquoi la complicité entre le client et son conseiller fait beaucoup plus de chemin que de bien cocher un formulaire pour cerner les besoins de quelqu’un.

Deuxièmement, quand les marchés sont en baisse et que la volatilité fait grincer des dents, une relation solide entre le conseiller et le client peut aider à passer à travers l’orage.Éventuellement, les conditions de marchés changeront et parfois le doute s’immiscera quant à la stratégie choisie. Et c’est exactement dans ces moments-là qu’un conseiller financier peut vous aider le plus, en vous conseillant à travers des décisions financières importantes qui peuvent ne pas sembler intuitives sur le moment, mais qui pourraient faire une énorme différence dans le succès de vos investissements. S’il existe de la méfiance, une mésentente ou une incompatibilité avec votre conseiller, cela laisse place à des erreurs dans la prise de décisions. Voici des facteurs que nous jugeons importants dans le choix d’un conseiller financier, notamment: l’éducation, l’expérience, l’indépendance, le coût des services et bien sûr la convenance.

Éducation

Bien que les organismes de réglementation comme l’AMF (L’Autorité des Marchés Financiers) et les autres organismes comme l’IQPF (Institut de planification financière) et la chambre de la sécurité financière qui encadrent l’industrie émettent des normes minimales d’éducation, les marchés et produits financiers sont de plus en plus compliqués. 

Une formation universitaire de premier et de deuxième cycle spécialisée en finance aide les professionnels à mieux comprendre les bases et la mécanique des produits financiers. 

Aussi un professionnel qui a obtenu son titre de CFA (Chartered Financial Analyst) démontre qu’il a réussi un parcours que la très réputée revue économique The Economist a qualifié d’étalon-or (gold standard) dans le domaine de la finance.

Avec une formation académique de pointe, le professionnel se fie moins au matériel promotionnel qui met évidemment l’emphase sur les avantages des produits et services rendus et sera plus en mesure de mettre en lumière et d’apprécier les avantages et surtout les désavantages des transactions financières proposées.

Ne vous gênez pas pour demander le niveau et le profil d’éducation de votre professionnel de la finance. Vous ne vous feriez pas opérer par un médecin qui a fait son éducation en sciences vétérinaires. Alors, pourquoi ne pas exiger que votre conseiller ait fait des études économiques et financières?

Expérience

Il y a des choses qui ne s’enseignent pas sur les bancs d’école. Il y a, en effet, beaucoup d’impondérables dans les différentes sphères de la finance personnelle, que l’on comprend mieux avec de l’expérience concrète. La route pour atteindre l’autonomie financière est hasardeuse. Votre périple sera facilité en étant accompagné par un guide qui connaît bien les aléas de la finance. 

Cela ne veut pas dire qu’un jeune loup ne peut pas réussir comme bon conseiller financier. Par contre, assurez-vous que ce dernier soit bien épaulé. Un jumelage officiel, et j’insiste sur le terme officiel, avec un sage est une condition sine qua non lorsque vous confiez vos épargnes à un novice. 

Lors d’une rencontre avec un conseiller financier, il est très important de s’informer de son expérience et comment il est en mesure d’utiliser cette dernière à bon escient pour vous. 

Indépendance

L’obligation fiduciaire, qui oblige les conseillers à agir dans le meilleur intérêt du client, n’est pas requise par les normes réglementaires.L’industrie des services financiers est affligée par la présence d’une multitude de conflits d’intérêts. 

Les conflits d’intérêts ont un impact insidieux sur les conseils qui vous sont prodigués. Certains conseillers opèrent dans des structures qui éliminent les conflits, mais ce n’est pas le cas d’une grande majorité qui est plutôt considérée comme des vendeurs par les autorités réglementaires. 

La rémunération des conseillers est un facteur qui peut générer d’importants conflits d’intérêts. Il est important de comprendre la motivation financière derrière les conseils et les transactions proposés par un professionnel et son employeur puisque cela peut inciter votre conseiller à travailler dans son meilleur intérêt plutôt que le vôtre. 

Essayez de travailler avec un professionnel de la finance qui détient le titre de CFA puisque les titulaires doivent se soumettre au devoir de fiduciaire. Le titulaire de la charte CFA doit signer chaque année une promesse de respecter le code de déontologie très strict de CFA Institute, ce qui est une attestation d’indépendance. 

Il est important d’être en mesure d’identifier les conflits d’intérêts pour pouvoir évaluer l’impact sur les conseils financiers qui vous seront prodigués. Ne craignez pas de poser des questions à ce sujet. 

L’importance des frais

On dit qu’on en a pour son argent, donc assurez-vous de savoir ce que vous obtenez et pour combien vous l’obtenez dès le début. Certains frais, comme les frais de gestion, les commissions ou les majorations de prix par rapport aux prix de gros sont chargés par le conseiller et affectent directement ou indirectement sa rémunération. D’autres frais, comme les frais d’opérations des fonds, les frais de transactions, les frais de change ou de REER autogérés ne sont pas touchés par les conseillers et sont plutôt attribuables à la structure d’investissements qui vous est conseillée. En revanche, chaque dollar qui est dépensé affecte directement votre rendement net et doit être pris en considération lorsque vous choisissez un conseiller en placement. 

Certains frais sont évidents et facilement observables, mais d’autres sont cachés et il faut être capable de passer à travers un prospectus et des documents légaux pour dénicher les clauses et notes en petits caractères pour les quantifier.

Puisque le rendement net de frais est calculé à partir du rendement brut auquel on retranche les frais, ces derniers ont une importance capitale sur votre succès en investissements. En d’autres mots, si les placements que vous détenez offrent un rendement de 8% et que l’ensemble de vos frais montent à 3%, votre rendement net sera de 5%. Beaucoup de clients sont satisfaits d’un rendement de 5%, mais l’économiste en vous s’indigne de céder 38% de ses gains.

Il faut peser le pour et le contre entre les services, les conseils rendus et les tarifs de ces derniers. Des frais trop élevés peuvent hypothéquer considérablement vos rendements, mais des investissements mal conçus ou une mauvaise décision au mauvais moment peut complètement décimer vos chances d’atteindre vos objectifs financiers. Cela dit, un investisseur qui, sous la pression d’une chute boursière, vend ses titres au mauvais moment en pleine correction et manque la hausse du rebond aurait été mieux de payer 1% pendant plusieurs années que de perdre 20 à 30% avec une seule et unique mauvaise décision. Un investisseur aurait mieux fait de travailler avec un gestionnaire aguerri que mettre 40% de ses avoirs dans Nortel au cœur de la bulle technologique. Disons tout simplement que ça justifie les honoraires payés pour avoir accès à un service professionnel. 

Pour être efficace, un professionnel en placement doit vous offrir un service qui améliore vos chances de succès, avec un rendement qui est comparable ou mieux qu’un indice de référence. 

Le type de service offert

Si vous commencez et que vous avez quelques sous à investir, investir directement dans les actions peut être contre-productif. Si vous avez plusieurs millions de dollars dans un portefeuille déjà établi d’actions ordinaires, un gestionnaire de portefeuille est peut-être mieux adapté à vos besoins.

Ce qu’il faut comprendre ici c’est que l’industrie financière est très segmentée. Il y a les planificateurs financiers, les représentants en assurances-vie, les représentants en épargne, les représentants de courtier en valeurs mobilières et les représentants en conseils de valeurs mobilières. 

Le type de service requis et la taille de votre portefeuille doivent être considérés lorsque vous cherchez un spécialiste en finance. Chacun a ses forces. Vous n’irez pas magasiner votre tenue de jogging chez un tailleur ni un smoking dans une chaîne à grande surface. C’est la même chose. 

Les gestionnaires de portefeuilles ont une tarification qui est adaptée pour avantager les plus gros portefeuilles, mais ont des limites sur la taille des portefeuilles qu’ils acceptent parce qu’ils cherchent à offrir un service très haut de gamme et doivent donc limiter le nombre de clients tout en essayant d’atteindre un certain niveau d’actifs sous gestion. 

Les représentants en épargne ont accès à des produits qui permettent de diversifier même les plus petits portefeuilles et ils offrent des produits de masse qui leur permettent de travailler avec un très grand nombre de clients, mais ils ont le désavantage d’avoir des frais de gestion plutôt élevés.

Il faut poser des questions sur les clients cibles des conseillers pour s’assurer que le professionnel avec qui l’on cherche à travailler sera en mesure de bien nous répondre.

Des valeurs communes

Certains individus sont plus conservateurs alors que d’autres sont plus aventuriers. Si vous êtes du type à chercher un fiscaliste agressif qui va essayer de forcer les règles fiscales et y chercher des failles, peut-être que vous allez préférer un conseiller financier plus téméraire qui va essayer d’engranger de fortes performances au risque de se faire secouer par la volatilité. Au contraire, si vous êtes du type qui cherche un comptable qui travaille toujours en lieu sûr, un avocat qui vous conseille de peser le pour et le contre d’un litige, vous préféreriez peut-être un financier plus conservateur qui tient compte du risque dans ses conseils.

Il faut savoir bien se connaître pour trouver un conseiller avec lequel on s’entend bien et dont on épouse bien sa philosophie. 

Où chercher un conseiller financier

Le référencement est un excellent moyen de trouver un conseiller en placement. N’hésitez pas à demander à vos proches de vous référer à un bon conseiller qui vous ressemble.

Le site Internet de l’AMF regorge d’informations utiles et vous permet d’effectuer une recherche sur un conseiller ou un professionnel du placement. Vous pourrez donc vous assurer que l’individu a le droit de pratiquer et également qu’aucune plainte n’a été émise contre elle ou lui.

Lors de votre rencontre avec votre conseiller ou un conseiller prospectif, n’hésitez pas à poser des questions afin de savoir s’il a l’expertise, l’expérience, l’indépendance et les valeurs nécessaires pour bien vous servir.

Bonne recherche! 

Auteur

Auteur

  • Vincent a commencé sa carrière en 1999 et est détenteur de la charte CFA depuis 2004. Il détient un baccalauréat en administration des affaires et une maîtrise en économie. Il est membre du conseil d’administration de l’association CFA Montréal depuis 2005 et y a occupé le poste de président en 2010-11. Vincent s’est joint à l’équipe Claret en 2002.

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